17 juin 2008
Doigté
En ce qui concerne les animaux je n'ai jamais eu de phobie particulière néanmoins je ressentais pour les araignées une peur viscérale. Certes pas ce genre de peur qui m'aurait fait pousser des hurlements de terreur à la vue du moindre arachnoïde, juste un léger malaise et quelques sueurs froides si je devais par exemple comme au cours d'une randonnée me retrouver avec une araignée se baladant sur ma tête ou mes vêtements suite à une collision accidentelle avec sa toile...J'ai voulu me guérir de cette peur irrationnelle en optant pour une méthode efficace: volontairement rentrer en contact physique avec des araignées.
En faisant le ménage dans mes archives j'ai retrouvé quelques vieilles photos de la thérapie.
Si la peur à l'égard des araignées est un instinct naturel il ne devrait pas nous empêcher de faire preuve d'un minimum de compassion pour ces arthropodes qui sont dans la vaste majorité des cas d'une part totalement inoffensifs et non agressifs, d'autre part sont aussi de fidèles alliés dans la lutte contre le terrorisme les insectes "nuisibles".
28 avril 2008
Citation
Une citation de Claude Lévi-Strauss sur la montagne qui je trouve décrit bien mon ressenti et s'applique à merveille à Taiwan:
Si la mer offre à mon regard un paysage délayé, la montagne m'apparaît comme un monde concentré. Elle l'est au sens propre, puisque la terre plissée et pliée y rassemble plus de surface pour une même étendue. Les promesses de cet univers plus dense sont aussi plus lentes à s'épuiser; le climat instable qui y règne et les différences dues à l'altitude, à l'exposition et à la nature du sol, favorisent les oppositions tranchées entre les versants et les niveaux ainsi qu'entre les saisons.
--Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques
04 mars 2008
"Capitalisme populaire" contre "capitalisme d'élite"?
Je fais preuve de racisme, avouons-le! Je suis raciste à l'égard de ma propre espèce Homo sapiens. Le peu d'intérêt que je porte au genre humain explique la quasi absence de billets relatifs à la société taiwanaise sur ce blog. Il est temps de remédier à cette lacune. En fait la rédaction de ce billet est motivé par le constat que Taiwan était pour ainsi dire méconnu (parfois confondu avec la Thaïlande), et lorsque ce pays rappelait quelque chose à mes interlocuteurs les plus érudits c'était souvent l'idée que celui-ci était l'antre d'un des capitalismes les plus déchaînés qui soit avec toute sa séquelle d'injustices sociales. Comme si dans ce pays des hordes de malades, de vieillards, d'infirmes...etc., livrés à eux mêmes agonisaient sur les trottoirs des villes faute d'être pris en charge par la société. Non, Taiwan n'est pas ce qu'est devenue (pas encore?) la France avec ses innombrables SDF et travailleurs pauvres. Non, Taiwan ne connaît pas une fracture sociale aussi importante que celle que nous vivons actuellement en France. Taiwan reste une société beaucoup plus égalitaire que ne l'est la France.
D'abord à Taiwan, le gouvernement élu -émanation du peuple souverain (dans l'idéal, dans la réalité jamais vraiment ainsi)- garde le contrôle de certains secteurs clés de l'économie tels que celui de la banque (de la finance plus généralement)
Ce contrôle s'apparentant plus à ce que l'on s'attendrait d'un pays socialiste, vaut à Taiwan d'être régulièrement sanctionné par des organisations non gouvernementales chargées d'évaluer l'environnement économique des différents pays du monde. La sanction n'est que symbolique dans le sens qu'elle ne se manifeste que par une mauvaise note accompagnée d'une analyse désobligeante à forts relents néocolonialistes mais est néanmoins lourde de sens. En effet le standard d'évaluation de ce que serait un bon environnement économique selon ces ONG est exactement celui tant vanté par les libéraux; ces gens à la tête des grands groupes financiers et industriels ainsi que d'institutions internationales comme le FMI, la banque mondiale...etc.
Ainsi sur certains points l'économie de cette île est accusée d'être une forme de capitalisme archaïque. Or il est bon de rappeler que c'est ce capitalisme archaïque qui a permis à Taiwan contrairement à ses voisins d'être relativement épargné par l'explosion de la bulle spéculative asiatique de 1997. C'est encore ce capitalisme archaïque qui permet à ce petit pays de 36 000 km² avec peu de ressources naturelles d'être le quatrième détenteur de devises au monde. C'est toujours ce capitalisme archaïque qui permet à cette île de dégager des excédents commerciaux colossaux pendant que la plupart des pays occidentaux voient leur balance commerciale d'année en année toujours plus déficitaire, et croulent dorénavant sous les dettes (la dette publique de Taiwan s'élève à 31% du PNB [2007] contre 66% pour la France [2007].) C'est enfin ce capitalisme archaïque qui a permis et permet encore de considérablement augmenter le niveau et la qualité de vie des citoyens taiwanais si bien qu'en 2007 0.95% de ces derniers vivaient sous le seuil de pauvreté contre 6.2% pour la France (2004)
Mais bien entendu cette gestion raisonnée de l'économie dérange les chantres du libéralisme économique car ceux-ci s'enrichissent sur la ruine économique des nations (plus nous sommes endettés mieux ils se portent!)
Ensuite cette gestion de l'économie par l'Etat souverain a permis de créer un environnement favorable à la libre entreprise accessible aux plus démunis, et c'est pour cette raison que nous qualifierons plutôt le capitalisme taiwanais comme "populaire", à l'inverse du nôtre qui est devenu un "capitalisme d'élite".
Ce "capitalisme populaire" se caractérise par une législation allant dans un sens favorisant les plus modestes en leur laissant la possibilité de librement entreprendre (donc d'être propriétaires des facteurs de production en tant que travailleurs indépendants) sans avoir à affronter un mur de réglementations. Il permet surtout d'entreprendre sans avoir un capital d'investissement de départ important car offre un environnement économique et législatif autorisant la création et la survie de micro-structures économiques et de ce fait permet au sein de la société une appropriation et distribution beaucoup plus égalitaires des facteurs de production. Inversement le "capitalisme d'élite" par le biais d'une réglementation toujours plus restrictive et complexe a sciemment anéanti l'artisanat, la micro-entreprise au profit des plus grosses structures économiques qui elles seules sont capables de se mettre en conformité. Notons également que les corporations de métiers ont également en France une part de responsabilité en ayant rendu hermétique l'accession à diverses professions afin de se protéger de la concurrence.
La France est probablement l'un des cas les plus parfaits illustrant ce que serait ce "capitalisme d'élite". Dans ce pays les facteurs de production sont de plus en plus concentrés entre les mains d'une minorité toute puissante. À l'heure actuelle au pays de Molière la libre entreprise est devenu un quasi privilège réservé à une élite. Pour les autres le choix est on ne peut plus simple: rentrer au service de cette élite en devenant salariés, ou le chômage. Certes avec une formation pointue correspondant à un secteur porteur il est encore possible avec beaucoup de talent, de force de conviction afin de trouver un financier ou éventuellement un riche et généreux pépé, tonton...etc., de monter sa propre affaire, mais en règle générale il est très difficile pour quiconque ne possédant pas de fonds d'investissements conséquents de démarrer son entreprise. L'environnement a été économiquement et législativement remodelé pour les grosses structures économiques, si bien que les citoyens ont été pour la plupart spoliés du droit d'entreprendre.
Pour toutes ces raisons ce qui surprend à Taiwan par rapport à chez nous c'est cette économie parallèle formant un dense tissu socio-économique composé d'une myriade de micro-restaurants, micro-usines, micro-ateliers d'artisans, micro-épiceries, micro-exploitations agricoles...etc., tenus par des femmes et des hommes économiquement libres et indépendants. Des individus se levant le matin pour travailler pour leurs clients, leur famille et non pas pour un grand patron. Des hommes et des femmes qui ont la liberté de mettre une part de créativité dans ce qu'ils produisent. Par exemple un restaurateur indépendant si bon lui semble pourra laisser libre cours à sa créativité en apportant des améliorations à ses plats, ils pourra en inventer de nouveaux, expérimenter, choisir lui même la décoration de son restaurant...etc., or qu'en est-il du gérant d'une grande chaîne de fast-food?
C'est cette organisation économique où bon nombre de citoyens sont ou ont la possibilité d'être propriétaires des capitaux qu'ils mettent en oeuvre par leur travail que nos libéraux conspuent. Une citoyenneté composée d'hommes libres, autonomes, organisés, et économiquement indépendants ne les intéressent pas. Ce qu'ils souhaitent c'est une société policée composée d'une masse de consommateurs dépendants, politiquement démissionnaires et accessoirement abrutis.
Pour finir, il est à craindre que ce capitalisme populaire soit ici également menacé, mondialisation des échanges oblige. Cette organisation économique est en effet à double tranchant dans le cadre d'un monde dominé par le libre échangisme à l'avantage des monopoles. Prenons l'exemple de l'agriculture. Ici à Taiwan une réforme agraire a permis à des millions de métayers de devenir propriétaires de leur propre exploitation agricole ce qui a eu pour conséquence un morcellement toujours grandissant des terres. Or dans un contexte de mondialisation des échanges dérégulé une exploitation agricole de 3 hectares n'est pas rentable; inutile d'être détenteur d'un MBA d'une prestigieuse business school états-uniennes pour comprendre cela. Même en se réunissant en coopérative, une myriade de petits riziculteurs par exemple ne pourront jamais concurrencer une poignée d'agriculteurs exploitant chacun une superficie pouvant aller dans les cas les plus extrêmes jusqu'à plusieurs milliers d'hectares. Pour gérer ce problème Taiwan à l'instar du Japon et de la Corée du Sud avait adopté dans un premier temps des mesures protectionnistes afin de mettre à l'abri d'une concurrence faussée ses petits paysans. Or face aux pressions de la mondialisation Taiwan fut contraint d'ouvrir son secteur agricole à la concurrence internationale ce qui crée des bouleversements importants. Mais cette île qui aurait pu choisir la méthode forte à la française consistant à anéantir purement et simplement la paysannerie par divers subterfuges a pour différentes raisons plutôt préféré faire usage de méthodes moins expéditives afin d'accompagner les paysans vers une reconversion plus en douceur (en cultivant des végétaux à plus forte plus-value, l'agriculture biologique, l'éco-tourisme...etc.) et/ou en les incitant à restructurer leurs terres (remembrement.)
Certes Taiwan offre encore un environnement adéquat pour tout esprit avide de liberté préférant être le patron d'un petit restaurant familiale indépendant dégageant de modestes revenus plutôt qu'être le sémillant gérant du fast-food du coin, mais pour encore combien de temps? Cette société va-t-elle prendre notre chemin de la destruction méthodique de l'artisanat et de la petite entreprise afin d'instaurer le règne de l'asservissement généralisé des citoyens au grands groupes, et ne leur offrant que le salariat comme unique moyen de gagner leur vie? Pendant combien de temps encore cette société offrira-t-elle un environnement autorisant la cohabitation des macro structures économiques avec celles microscopiques de tailles humaines?
J'espère que ce billet répondra à la question que ce posent certains se demandant comment un prétendu vil gauchiste de mon espèce supporte de vivre dans cet antre infernale du capitalisme que serait Taiwan. Je me plains souvent de Taiwan mais en réalité je commence à pleinement apprécier ce sentiment de liberté, de maîtrise de sa destinée qu'offre ce petit bout de terre au large de la Chine. Un petit bout de terre qui donne encore la potentialité à ceux qui y vivent de choisir la manière dont ils souhaitent subvenir à leurs besoins. Un bout terre sur lequel et en dépit d'une densité de population extraordinaire on se sent beaucoup moins oppressé par la société et l'État.
NB: que l'on ne se méprenne pas, le propos de ce billet n'est pas de dire que Taiwan n'a pas ses propres carences et défis à surmonter. Ce pays en a! En revanche j'affirme que s'il y a bien un enfer capitaliste ce n'est pas Taiwan mais bien la France, pays tombé sous le joug oppressant des banques, des assurances, de l'industrie agro-alimentaire et pharmaceutique, de la grande distribution, corporations de métiers et autres lobbies...
PS: la rédaction de ce billet me rappelle qu'il faut que j'aille chez le cordonnier faire recoller la semelle d'une de mes baskets. Et oui ici il y a encore des cordonniers capables de réparer non seulement des chaussures de cuir de qualité mais aussi des baskets de merde. Si on leur demande les gars vous reconstruisent la semelle usée d'une vieille paire de baskets! Je pourrais bien recoller ma semelle moi-même mais pour 2 ou 3 euros un artisan le fera probablement mieux que moi et par ce geste d'une part j'encourage le maintien d'un travailleur libre et d'autre part cela m'évitera de devoir racheter une paire neuve. Toujours ça de moins qui ira dans les poches de la racaille des industriels à la tête d'usine à chaussures de sport! Cette engeance paie entre 80 et 100 euros/mois leurs ouvriers chinois, vietnamiens... à bosser 10 à 15 heures par jour, 6 jours sur 7... ces chaussures ne coûtant pas grand chose à produire sont revendus aux gogos consommateurs parfois plusieurs dizaines d'euros...et que font-ils de l'énorme plus-value ces amoureux de l'humanité? Les boss mènent la vie de château, les actionnaires principaux, parasites du genre humain, sont rémunérés, et des guignols tels que des Jordan et Zidane se voient distribuer en 1 mois de "travail" ce qu'un Smicard ne se toucherait même pas en 40 ans de labeur...et oui les amis cet argent qui ne va pas dans les poches des travailleurs productifs est détourné pour aller dans celles de parasites nuisant à la société. J'aime le sport mais pas le cul devant la télé et par conséquent des Zidane et compagnie pourraient bien ne pas exister que je m'en porterais pas plus mal...bon mais là je digresse sérieusement!!!
21 février 2007
Plats du nouvel an chinois
Les photos de ce qu'on a mangé en famille pour le nouvel an.
Cette année ce fut simple, mais comme d'habitude très bon.
Le gros machin rond c'est un gâteau de radis asiatique (le radis asiatique une fois cuit au goût ressemble un peu au navet). Je traduis ça par "gâteau" mais ce n'est pas sucré du tout. C'est fait avec du radis asiatique râpé, de la farine de riz en guise de liant, des petites crevettes séchées, accessoirement des champignons séchés, du poivre, et du sel, et c'est cuit à la vapeur. Ensuite on coupe des tranches qu'on peut manger telles quelles ou dorées à la poêle avec un peu d'huile. On peut l'accompagner de sauce soja, d'huile de sésame, ou d'une purée de kumquat (une variété d'agrume qui ressemble à une orange miniature).
Le gâteau de radis c'est super bon! Mais faut que cela soit fait maison, car acheté dans le commerce il y a plus de farine de riz que de radis...totalement insipide!
(Joss, tu pourrais essayer d'en faire. C'est à la fois simple et original. Je pense que tu peux trouver du radis asiatique (appelé souvent navet je crois) près de chez toi. Si ça t'intéresse, je demanderais les proportions des ingrédients pour le faire. Il faut juste de la farine de riz, des crevettes séchées, des champignons séchés, du radis, du sel, un peu de poivre. Tout ça se trouve facilement en France)
Quant aux autres trucs à côté c'est des espèces de pâtisseries. Le machin rectangulaire c'est un "gâteau du nouvel an", sucré (à base farine de riz). Pour le nouvel an les chinois aiment bien faire ce genre de gâteau de farine de riz, soit sucré ou plus généralement non sucré. La version non sucrée sera mangée soit sautée avec des légumes...ou en soupe je crois...A vrai dire en lui même le gâteau du nouvel an n'a aucun goût, c'est pour ça que cela ne se mange pas tel quel mais cuisiné (sauf la version sucrée), il s'agit en fait d'un aliment symbolique représentant l'abondance (fait avec du riz, le pain de beaucoup de peuples asiatiques).
Les deux trucs contenus dans les bols rose en papier sont des "gâteaux levés" (traduction littérale, je sais pas comment on dit ça en français). C'est juste de la farine, du sucre brun, de l'eau et de la levure chimique pour faire lever la pâte. Cuit à la vapeur. Je ne trouve pas ça bon, mais je suppose que par le passé les sucreries devaient être tellement rares que juste le fait de manger de la farine sucrée devait satisfaire les gens. Simple hypothèse. Personnellement j'ai du mal à comprendre que l'on perde du temps à faire ce genre de gâteau insipide et que l'on puisse aimer ça. La tradition je suppose, comme le gâteau du nouvel an cela doit avoir une valeur symbolique, je demanderai pour voir...

Du calamar sauté avec de la ciboule et du "fromage de soja (tofu) sec noir". Sauté avec de la sauce soja. C'est légèrement sucré, mais pas au point d'être traumatisant pour le non initié ou l'allergique aux mélanges sucrés salés. Il y a aussi un peu de poivre. Super bon!

Un plat traditionnel du nouvel an. Il s'agit d'une variante de la manière où l'on mange le "gâteau du nouvel an" non sucré. D'après les beaux-parents cette préparation serait relativement peu connu à Taiwan, c'est un plat traditionnel des environs de Shanghaï. C'est fait avec du "gâteau du nouvel an" coupé en tranche et revenu avec du chou chinois, des crevettes, du lard, des champignons. C'est salé, et légèrement poivré.

Du boeuf émincé avec de la ciboule. La viande avait un goût similaire à celui de notre bon vieux pot au feu franchouillard, donc je suppose qu'elle a été cuite dans un bouillon de légumes...(ce fut acheté tout prêt en magasin, on n'a pas pu me renseigner exactement comment avait été préparée la viande).

Lard sauté avec des poivrons et des oignons. Salé et poivré, rien de plus. Super bon! Le truc c'est de d'abord faire revenir le lard à petit feu jusqu'à ce qu'une partie de la graisse fonde et qu'il soit doré, ensuite on fait revenir les poivrons et les oignons dedans, on sale, on poivre, rien de plus!

Exemple de lard chinois. 90% de gras, 10% de viande! C'est pas du lard pour les lavettes ça! Weight Watcher dégage! Ah! Ah!
Pour l'anecdote, ici ils ont une viande exceptionnelle. Je n'ai jamais mangé du porc ni des volailles aussi goûteuses en France qu'à Taïwan. Leur viande de porc est généralement pratiquement aussi rouge que le boeuf (pas blâfard anémique comme souvent chez nous), bien grasse et avec un goût corsé qui s'apparente à nos porcs fermiers nourris à l'ancienne...Pareil pour leurs volailles, le moindre poulet acheté au marché ou même dans le supermarché du coin est généralement bien meilleur que nos daubes soient disantes "fermier label rouge" en vente dans nos supermarchés. Paroles de gastronome!

Après la viande grasse un peu de légumes frais pour rééquilibrer les choses.
Il s'agit de chou-rave cru mariné dans du jus de citron, avec de l'ail, du piment séché en poudre, et un peu de sel. Ce genre de préparation ce n'est pas spécialement chinois/taiwanais cela ressemble aux kimchi coréens.

Encore du lard! C'est une espèce de pot au feu au lard. Avec "tofu sec noir", plein de ciboule, de l'ail, du gingembre, de la sauce soja.

Une soupe à base d'une variété de chou qu'on aime bien mangé pour le nouvel an. C'est cuit dans un bouillon de viande de poulet (du vrai bouillon fait avec de la viande fraîche, pas des cubes pourris) . Un peu poivré et salé. Simple et bon.

Pousses de bambou frais émincées, bouillies dans un bouillon de lard gras (faut-il encore préciser qu'ici le lard est gras, très gras?! Ah! Ah!). Aucune épice utilisée, juste salé pour pouvoir savourer le goût brut du bambou frais...

Soupe de radis asiatique. Composé d'un bouillon d'os de volaille dans lequel sont cuits les radis, avec des feuilles de coriandre, du gingembre, très légèrement salé.

Poulet cuit dans de la saumure (eau très salée). Aucune épice utilisée, juste salé bien entendu. Poulet brut de brut, avec les os encore saignant! Le poulet est tellement bon que cette simple préparation permet d'en faire ressortir les saveurs naturelles, nul besoin d'épice!

Chou chinois sauté avec des pétales de fleur d'hémérocalle (lis d'un jour). Avec des champignons noirs (les chinois appellent ça "oreilles d'arbre" parce que ça pousse naturellement sur les troncs d'arbres, et ça ressemble vaguement à des oreilles). Salé et très pimenté.

Stromatée (butterfish) poêlée. Une sorte de poisson de mer. Juste poêlé et salé, pas de superflue.

Pour faire digérer tout ça rien ne vaut du vin rouge taiwanais. Bon rien à voir avec nos crus, à vrai dire un amateur de vin n'appellerait probablement pas ça du vin, ceci dit ce petit jus de raisin alcoolisé de production locale est totalement naturel, léger et rafraîchissant, finalement pas désagréable! Avec en arrière plan l'avant bras poilu du beau-père, qui je trouve cette année ne s'est pas cassé le fion sur le plan originalité pour ce repas du nouvel an (c'est lui qui a cuisiné), mais bien entendu je me suis bien gardé de le lui dire! Ah! Ah!
EDIT: je n'avais pas réalisé que c'est l'année du cochon pour les chinois, ce qui explique cette orgie de plat à base de porc...

Enfin les deux dernières photos.
Qui dit cuisine asiatique dit exotisme, et qui dit exotisme dit plats surprenants voir choquants en raison des différences culturelles. Comme toute nouvelle année on se doit de manger des choses différentes du reste de l'année comme chez nous. Comme du gibier par exemple
Sur la première photo il s'agit de viande d'ours noir à lunettes. Viande grasse mais aussi très ferme. Cela ressemble un peu à une viande de sanglier avec un peu de gras.
Sur la deuxième photo c'est de la gazelle des steppes limoneuses du cours supérieur du fleuve Jaune. Viande maigre. Ferme, un peu comme du lièvre qu'on n'aurait pas fait mariner pour l'attendrir...mais bon après cette orgie de lard cela n'a pas fait de mal.
L'ours noir à lunettes, l'oeil hagard, révélant un équilibre mental précaire:

La gazelle:

Ah! Ah! Ah!
26 août 2006
Agriculture naturelle
Agriculture naturelle, présentation
Voilà le mini photo-reportage sur une ferme pratiquant l’agriculture naturelle.
Les gens que j’ai rencontré est un couple avec 4 enfants. Le mari est médecin de formation, mais il y a 5 ans de ça il a décidé de devenir paysan. Il continue à exercer à mi-temps sa profession initiale tout consacrant la majeure partie de son temps à sa petite ferme, qui est plus un outil à vocation pédagogique ouvert au public qu’un instrument économique.
Ce type d’agriculture tire ses origines du Japon, actuellement à Taiwan il n’y a qu’une centaine de personnes la pratiquant.
L’agriculture naturelle est issue d’un mouvement philosophico-religieux prônant la coexistence de l’homme en harmonie avec les autres espèces animales. L’objectif est de faire en sorte que nos activités aient un impacte minimal sur les écosystèmes. Ceci dit contrairement aux bouddhistes ils ne sont pas végétariens.
L’agriculture naturelle n’utilise aucun pesticide, herbicide, ni même d’engrais. Pour cette raison les paysans naturels sont peu appréciés des syndicats et coopératives agricoles, ils sont en effet de bien mauvais clients puisqu’ils n’achètent pratiquement rien, sauf des semences fermières (rarement) et des outils.
Mais alors comment font-ils pour se passer d’engrais et de pesticides ?
1/Connaissance de la biologie des êtres vivants susceptibles de s’attaquer aux cultures afin de s’en protéger s’en avoir à les éliminer directement, ni les exclure des plantations.
Par exemple la première chose qui m’a frappée en voyant une rizière gérer selon la méthode de l’agriculture naturelle c’est l’abondance d’une espèce d’escargot aquatique. Cette espèce d’escargot est considérée par les riziculteurs vivant dans les zones tropicales et subtropicales comme l’ennemi numéro. C’est un véritable fléau qui peut ruiner en l’espace d’une seule nuit un rizière entière, or dans les rizières que j’ai visitées il devait y avoir une dizaine d’individus au m², ce qui était incompréhensible, je dirais même hallucinant, dans la mesure où le riz semblait ne pas être affecté du tout par cette pullulation. J’ai donc demandé avec empressement comment ce phénomène pouvait être possible.
En fait cet escargot aquatique à deux points faibles : Premièrement, il ne supporte pas la sécheresse. Lorsque l’eau baisse en deçà d’un certain niveau il va s’enterrer profondément dans la vase, sécréter un mucus protecteur qui l’enveloppera, et rentrera dans un état léthargique pouvant durer 6 mois. L’escargot n’attendra pas que l’eau soit complètement évaporer pour s’enterrer dans la vase, il le fera dès qu'il ne trouvera plus assez d'eau pour éviter que sa coquille soit en contact avec l’air et sujet au rayonnement direct du soleil.
Deuxièmement, il ne mange que les jeunes pousses de riz, une fois que ce dernier a atteint un certain stade de développement, ses feuilles et ses tiges deviennent alors trop coriaces pour être consommées par l’escargot. Connaissant ces deux caractéristiques de la biologie de cet escargot la parade pour éviter qu’il ne mange les pousses de riz est facile : il suffit de faire baisser le niveau de l’eau de la rizière de manière à provoquer artificiellement le comportement d’enfouissage du mollusque, mais tout en gardant un niveau d’humidité suffisant pour que le riz puisse continuer à se développer normalement. Quand les escargots d’eau sont en léthargie enterrés dans la vase ils ne pourront pas s’attaquer aux jeunes pousses de riz. Et une fois que le riz aura atteint un niveau de développement suffisamment avancé pour être à l’abri des attaques des escargots on pourra alors faire remonter le niveau de l’eau de la rizière en toute sécurité. A ce moment là les mollusques sortiront de leur léthargie mais au lieu de trouver à manger de jeunes et vulnérables pousses de riz ils découvriront des feuilles et tiges de riz qui leur seront devenues inconsommables. Mais les escargots ne mourront pas de faim pour autant car s’ils ne peuvent plus s’attaquer au riz ils pourront se rabattre sur les mauvaises herbes poussant dans la rizière, ainsi ils serviront aux paysans d’agent d’entretien de la rizière en leur évitant le fastidieux travail de désherbage.
(Bien que cette méthode soit très facile à mettre en œuvre et efficace, on continue encore à déverser des millions de tonnes de pesticides dans les rizières à travers le monde…)
2/Faire en sorte de fournir un environnement accueillant pour les prédateurs des animaux susceptibles de nuire aux cultures : présence de zones de friche, d’arbres, de mares et marais servant de zones d'abri à diverses espèces d'oiseaux, de serpents...
3/Travail de sélection des plants les plus vigoureux.
D’après les paysans les plantes comme n’importe quels êtres vivant sont capables de se défendre contre les agressions du milieu extérieur. Une plante saine peut résister aux attaques des parasites, or d’après ce que j’ai pu comprendre, les semences fermières que l’on se procure dans les coopératives agricoles donnent des plantes extrêmement fragiles qui ne peuvent pousser qu’avec l’aide d’engrais et de pesticides. Pour cette raison les agriculteurs naturels sont obligés de faire un premier travail de sélection afin d’obtenir des plantes vigoureuses capables de pousser et fructifier sans aucune aide.
Leur méthode est « simple » : ils plantent des semences ordinaires, et récupéreront les semences des plants les plus vigoureux, et continueront ainsi de suite . Selon les paysans il faut entre 4 à 8 générations pour obtenir des plantes capables de pousser et fructifier convenablement selon la méthode d’agriculture naturelle.
Le fait de ne pas utiliser de pesticides ni d’engrais lors du travail de sélection permet d’obtenir des plantes très résistantes aux maladies et parasites, de plus présentant un réseau racinaire très développé pour capter les éléments nutritifs du sol.
Autrement voilà ce que font grosso modo au jour le jour les agriculteurs naturels pour faire pousser leurs légumes:
Si la terre est de mauvaise qualité ils laissent la friche se développer un certain temps dessus avant de la travailler. Ensuite ils désherbent mécaniquement la terre (pas d’herbicide!), la travaillent superficiellement et plantent les semences. Lorsque les pousses sortent ils continuent à désherber minutieusement afin de protéger les jeunes plants qui sont encore trop fragiles pour supporter la concurrence des mauvaises herbes, sans cela ils seraient étouffés par ces dernières (le paysan m’a dit que les mauvaises herbes seront toujours plus vigoureuses que de jeunes plants d’un légumes). Une partie des mauvaises herbes arrachées sera placée au pied des jeunes plants formant ainsi un couvert végétales, l’objectifs est triple : contrôler le taux d’humidité de la terre, servir d’isolant thermique, et enrichir la terre en se décomposant.
Ainsi ce couvert végétal formé de mauvaises herbes arrachées protégera la terre du rayonnement direct du soleil tout en préservant une relative humidité, évitera un refroidissement trop important de la terre durant les nuits d’hiver en conservant une partie de la chaleur accumulée durant la journée et inversement évitera un échauffement excessif sous l’effet du soleil de l’été, et enfin en se décomposant enrichira la terre en libérant des substances nutritives.
Par contre, selon le paysan dès que les plantes cultivées ont atteint un stade de développement avancé, ce n'est presque plus la peine de continuer à désherber de manière aussi minutieuse, en effet les jeunes poussent de mauvaises herbes ont du mal à concurrencer des plants arrivés à maturité.
Pour l’anecdote le paysan m’a expliqué qu’avec leur méthode on pouvait indéfiniment cultiver une variété de plante sur une même parcelle sans jamais épuiser la terre. Les rotations sont inutiles. Il m’a dit que si les plantes épuisaient le substrat duquel elles dépendaient pour vivre il n’y aurait pas de forêts par exemple. C’est pour cela l’objectif des agriculteurs naturels est de préserver l’équilibre naturel de la terre pour que cette dernière se régénère naturellement et soit fertile en permanence comme le serait la terre supportant une prairie naturelle ou une forêt.
En conclusion on se doute que ce type d’agriculture n’est probablement pas compatible avec un système productiviste, cependant cela marche, j'ai vu de mes propres yeux ce que l'on pouvait obtenir avec ce type d'agriculture.
Le couple que j’ai rencontré cultivent seulement 7500 m², soit moins d’un hectare, et peuvent nourrir une famille avec 4 enfants avec leur production tout en ayant des excédents.
Les pratiquants de l’agriculture naturelle communiquent également leur savoir en Afrique afin que les petits paysans puissent s’émanciper de leur dépendance des engrais et autres pesticides. On m’a expliqué que l’un des problèmes rencontré par les petits paysans d’Afrique est que des organisations humanitaires ou pseudo humanitaires leurs fournissent grâcieusement des semences de maïs, des pesticides, herbicides et des engrais, or si ces organisations ne continuent pas à leur fournir gratuitement ces derniers les paysans n’ont pas les moyens de se les acheter. Ils continueront donc à cultiver le maïs mais sans engrais ni pesticides si bien que ce dernier donnera de mauvaises récoltes voire carrément pas de récolte du tout. Les agriculteurs naturels leur apprennent à sélectionner le maïs et à le cultiver sans engrais ni pesticides. Les résultats ont été spectaculaires. Par exemple en Zambie dans un village, lors d’une sécheresse la parcelle de maïs cultivée selon la méthode naturelle a résisté, en revanche la parcelle de maïs cultivée de manière conventionnelle a été perdue.
Les agriculteurs naturels les encouragent aussi à cultiver des légumes traditionnels qui sont naturellement mieux adaptés aux conditions environnementales locales que les variétés commerciales vendues par les grands semenciers…
Les photos
Le départ
Nous ne sommes pas partis visiter la ferme sans avoir au préalable pris notre petit déjeuner (désolé, quand j'ai pensé à prendre une photo on avait déjà fini de manger!). A Taiwan il y a chaque coin de rue des commerces spécialisés dans la vente de petits déjeuners, et ceci pour pas cher. On y trouve du café frais, du thé, du lait de soja, des sandwichs divers, des omelettes...Il est inconcevable pour les chinois de partir au boulot avec juste un café dans le ventre comme c'est souvent le cas chez nous.
Ici c'est la vue sur l'entrée principale de l'université située dans mon quartier. Photo prise du lieu où nous avons déjeuné.
Après 20 minutes de bus nous voilà arrivés à la station de métro dont la ligne nous rapprochera de la ferme...
Je suis entrain de recréditer ma carte magnétique de transports en commun. Ici on peut utiliser une carte magnétique rechargeable pour prendre le métro et le bus. On passe sa carte devant une borne qui débitera le montant correspondant au nombre de zones parcourues. A Paris il y a un système similaire je crois, mais la différence ici c'est que la carte est impersonnelle et ne laisse donc aucune donnée personnelle à chacun de nos passages.
Sur le le quai...
Dans la rame du métro...
Paysage vu du quai de notre station de destination. On peut constater que le taux d'hygrométrie est déjà important...
Après avoir pris une seconde fois le bus voilà une partie du paysage que nous avons eu à la descente...
Sur la route en direction de la ferme...
Sur le petit chemin menant à la ferme...
Panneau d'accueil. Grosso modo il y a un mot de bienvenue et quelques indications nous priant de ne pas déranger la quiétude des animaux sauvages, de marcher et parler doucement...
Au bout du chemin on aperçoit enfin un bout de la ferme...
La ferme et son environnement
Vue sur le potager et les rizières...
Toujours vue générale sur la ferme avec en arrière plan une chaîne de montagnes...
Encore les montagnes...
Vue rapprochée sur un abri servant de lieu de détente pour boire du thé, discuter...
Une mare...
Un marécage...
Un gros ruisseau...
Un petit pont...
Vue sur la campagne...
Chemin de pierre. Dans les montagnes à Taiwan il y a des centaines kilomètres d'anciens sentiers dallés de cette manière. Certaines pierres doivent allègrement dépasser les 100 kilos, je n'ose pas imaginer la dureté du labeur des ouvriers de l'époque...rappelons aussi que même à l'heure actuelle certains de ces sentiers sont inaccessibles à tout véhicule quelqu'il soit, donc les gars transportaient sur des kilomètre et des kilomètres à dos d'homme et de bestiaux ces grosse pierres.
La ferme. En réalité le couple de paysans n'habite pas ici, le confort étant plus que spartiate en particulier l'hiver, ils ont un appartement pas loin en ville. L'enfant au fond est une de leurs deux filles.
Les cultures
Une rizière...Pour l'anecdote la récolte du riz se fait sur une rizière à sec, pour cela les paysans assèchent les rizières quelques jours avant la récolte grâce à un système de petits canaux qui permet de contrôler le niveau de l'eau.
Les escargots aquatiques mangeurs de riz, ennemis jurés du paysan, mais qui font le joie du riziculteur adepte de la méthode naturelle d'agriculture...
Plantation d'haricots rouges (haricots adzuki)
Sésame...
Ma femme au milieu des haricots géants...
Moi au milieu de nulle part...
Encore ma femme, cette fois au milieu d'une plantation d'une variété de courge...
Potager laissé en friche en attendant la saison pour planter les légumes d'hiver.
Patates douces...
La volaille...
Au boulot
Entrain de battre le riz.
Vue sur la batteuse. On peut voir qu'il y a une sorte de rouleau avec planté dessus des clous en forme de U. On appuie contre les épis de riz, les grains tomberont dans le receptacle en bois. Le tissu autour sert à récupérer les grains projetés vers l'extérieur.
Vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=eDvjoCc27c8
La récolte du jour: 10 sacs de riz.
Riz en train de sécher dont les semences serviront pour les prochaines plantations.
Voilà à quoi ressemble le riz avant de se retrouver dans notre assiette.
Entrain d'aider à la préparation du repas de midi avec les légumes que l'on vient de ramasser dans le jardin.
Ma femme qui met aussi la main à la pâte...
Voilà ce qu'on a mangé à midi, les légumes venaient d'être ramassés une demi heure avant.
Un de leur deux chiens
Ah! Ah! Curieux l'animal!
Les gosses jouant avec moi. Le gamin perché sur mes épaules est autiste, son truc préféré c'était de me grimper dessus en essayant de se percher la tête en bas, en gesticulant dans tous les sens pendant que moi je faisais en sorte à contrôler ses mouvements pour qu'il ne tombe pas...au bout d'une demi heure de ce jeu j'étais crevé!!!
J'aime bien cette photo. Profitant d'un moment de répit durant lequel le gosse s'était enfin arrêté de gesticuler dans tous les sens je regardais l'oeil hagard le paysage, curieusement le gamin avait une expression similaire sur son visage...
Voilà le genre de petit criquet que l'on trouve dans le coin, à peine plus gros qu'un pouce pas de quoi paniquer...
Pour clôturer une journée bien chargée nous sommes allés dîner dans un resto près de chez nous (soit dit en passant ce repas à coûté seulement 3.6 euros, pas besoin d'être riche pour se taper un bon resto à Taiwan.)


















































